POUSSIERES DE BOIS
DEPISTAGE DES CANCERS PROFESSIONNELS
Docteur Véronique Geffard, Docteur Philippe Podevin
Le principe du protocole proposé par l'équipe médicale du SMIS consiste en une évaluation du dépistage systématique des cancers de l'ethmoïde (tumeurs des fosses nasales) par suivi ORL et nasofibroscopie, chez les salariés et ex-salariés exposés aux poussières de bois depuis plus de 20 ans.
Actuellement ce cancer est très sous-évalué car mal connu des professionnels et des médecins, et reposant sur un dépistage radiologique peu performant .
Les statistiques actuelles montrent que le cancer des fosses nasales est 40 fois plus fréquent chez les menuisiers et les ébénistes que dans la population générale de même âge. Il surviendrait environ 30 ans après le début d'exposition mais parfois beaucoup plus précocement. Méconnus, ils sont diagnostiqués tardivement devant la banalité des symptômes, ce qui en fait des cancers à forte mortalité, 50 à 60% à 5 ans de recul.
Ainsi, le cancer des fosses nasales dans la filière bois serait le deuxième cancer professionnel , après les cancers de l'amiante .
Nous proposons donc à chaque salarié ou ex-salarié de la filière bois une nasofibroscopie de dépistage pour tous les professionnels de la filière bois ayant plus de 20 ans d'exposition aux poussières. Cet examen est selon les spécialistes ORL beaucoup plus performant que le scanner des sinus et ceci sans aucune irradiation.
L'étude durera au moins 6 ans avec un interrogatoire clinique chaque année et une nasofibroscopie tous les deux ans.
Grace à un cofinancement de cette étude par la direction régionale du travail, le coût des examens sera faible et pris en totalité par le SMIS au moins en 2007 ET 2008 et en grande partie de toutes façons les années ultérieures.
En parallèle à cette étude qui constitue une grande première en santé au travail, notre intervenante en prévention des risques professionnels (IPRP) Mme Isabelle Lallemand parcourra les entreprises de la filière bois du secteur de Saumur pour aider les chefs d'entreprise à mieux gérer le risque bois dont il faut rappeler qu'il est classé CMR (cancérigène avéré) par les instituts de surveillances internationaux. Elle proposera notamment une mesure de la quantité de poussière de bois en suspension dans l'air ambiant des ateliers (laquelle ne devrait excéder 1 mg/m3) et fera profiter de son expérience en matière de lutte contre ce cancérogène.
Chefs d'entreprises ou salariés, retraités de la filière bois, n'hésitez pas à prendre contact avec nous pour tout renseignement complémentaire.